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Tribune | « Néo-sankarisme et panafricanisme : des défis majeurs au Burkina »

Ceci est une tribune de Neree Zabsonre, Journaliste (Membre UPF), intitulée « Néo-sankarisme et panafricanisme : des défis majeurs au Burkina ».

 

De quels panafricanismes se réclament les jeunes générations d’Africains ? Au Burkina Faso, le mouvement est également en vogue, il fait des recrues et il produit des émules d’un réveil militant aux jargons bien outillés. De ce point de vue, l’héritage du « Sankarisme » pèse lourdement dans la balance. Les événements politiques de ces derniers mois laissent entrevoir des perspectives nouvelles où les années révolutionnaires se fraient leur sillon au cœur des panafricains du « Pays des Hommes intègres ».

  1. Le panafricanisme : entre théories de salons et militantismes débutants

Loin des érudits (professeurs, intellectuels, auteurs…) rodés à l’histoire sociopolitique et idéologique des pays africains, la jeunesse africaine s’emploie à un exercice complexe au sujet de ce qu’elle entend impulser dans l’esprit de la gouvernance. Les réseaux sociaux constituent le tremplin de ces engagements tous azimuts. Le panafricanisme s’en trouve bien rehaussé, malgré les idées complexes qui le (re) façonnent depuis les années 1800[1].

Comme dans tout regard objectif, des façades négatives et positives s’imposent au jugement commun. Si la face sombre se perçoit dans les diatribes, les pamphlets et les railleries des adeptes d’une tendance politique « innovante et irréversible », l’autre face, plus conciliante, ouvre des portes sur ce besoin d’authenticité tant réclamé par les Africains eux-mêmes. Depuis le mouvement des Afro-américains, jusqu’à Kouamé N’kruma[2] et Thomas Sankara, les ouvrages et des sites foisonnent dans leurs diverses versions revues et corrigées sur des thèmes variés (anticolonialisme, idéologie, afrocentrisme, militantisme…)[3].

S’il s’agit de puiser dans les ressources socioculturelles du continent, la part est belle pour les panafricanistes de tout bord. Comment soustraire la bonne graine de l’ivraie et pourquoi les jeunes du Burkina ont-ils de bonnes raisons de s’y employer ? « Un tigre ne proclame pas sa tigritude. Il bondit »[4] Qui est le tigre et qui est la proie dans cette Afrique post-moderne ?

  1. Chronique d’un néo-sankarisme annoncé ?

Il est généralement admis que le capitaine-président du Faso des années révolutionnaires a impacté la conscience de ses concitoyens. Des « Petits chanteurs aux poings levés » jusqu’aux témoins et militants de la dernière heure, des pensées et des faits sont relatés sur son discours d’orientation (2 octobre 1983) et les traits majeurs de sa pensée.[5] S’il est vrai que quatre années d’exercice sont insuffisantes pour faire un éventuel bilan, le temps si bref qu’a duré ce moment d’euphorie a laissé des traces significatives pour les générations présentes. Les circonstances qui ont prévalu à la disparition du « héros national » y jouent encore un rôle déterminant.

Pour un grand nombre, l’héritage est assermenté pour longtemps et inscrit dans le panafricanisme politique. Peu de chefs d’État ont, semble-t-il, démontré une telle aura accompagnée de discours audacieux.[6]

Toutefois, d’aucuns estiment que l’ensemble de l’œuvre est resté à l’état d’échafaud et qu’une orientation politique peut y remédier. Pourquoi ne pas ajuster l’amorce sankariste dans le panel des discours panafricanistes actuels ? Les arrhes d’une telle démarche incombent aux nouveaux prétendants au changement. La balle politico-idéologique est pour ainsi dire dans le camp des braves Burkinabè. L’histoire du Faso politique est en cours….

  1. Néo-panafricanismes et néo-sankarismes : quel mariage possible ?

Le Sankarisme et ses racines panafricanistes : un titre d’ouvrage ou une revue de presse ? Le Burkina Faso entre dans la cour des grands à travers l’édification de son histoire politique si particulière. Ce pays ne l’a pas souhaité, il l’a vécu, semble-t-il, dans l’opinion (inter) nationale. Les filles et les fils de cette nation doivent être fiers d’une telle « élection » où les outils sont fournis et prodigués pour le meilleur (sans occulter le pire).

La maïeutique actuelle signe-t-elle le retour des grands hommes ? Quelles portes néo-panafricanistes seront ouvertes pour accéder aux aspirations des Burkinabè ? Ils ont démontré par le passé qu’ils étaient capables, plutôt conscients de prendre leur avenir en main. Entre Sankarisme ou néo-sankarisme (qui reste à définir), les défis d’une Afrique nouvelle au Burkina Faso se liront par des actions. En quelques mots, pourrait-on dire : « Croire au Burkina Faso ou mourir ! ». Cela ne sera pas, espérons-le, un énième slogan, mais rien que des sacrifices à consentir…

Neree Zabsonre

Journaliste (Membre UPF)

[1] C’est dans l’actuel Ghana que s’est tenu son premier congrès à Londres en 1900.

[2] Il est considéré comme le père du panafricanisme en Afrique.

[3] https://www.panapress.com/lang1-index.html ;  https://www.thomassankara.net/ ;

   https://grandemurailleverte.org/

[4] Selon l’expression de Wolé Sonyinka à Kampala, en 1962 (Prix Nobel de littérature, année 1986).

[5] http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/033011.pdf

[6] https://www.dailymotion.com/video/x17idb

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